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Défaillances d’entreprises : un troisième trimestre 2026 enfin stable, selon Altares

Après six trimestres de dégradation continue, les défaillances d’entreprises marquent le pas : 14 652 procédures collectives ont été ouvertes entre juillet et septembre 2026, un volume quasi stable sur un an selon l’étude trimestrielle d’Altares publiée le 13 octobre.

En bref
— 14 652 défaillances au T3 2026, quasi stables sur un an, après +6,4 % au T1 et +5,4 % au T2.
— Près de 72 000 entreprises défaillantes sur douze mois glissants, un niveau jamais recensé.
— La construction et l’industrie refluent, la restauration et le commerce alimentaire s’enfoncent.

Le premier trimestre de stabilisation depuis 2022 #

Le chiffre tranche avec le début d’année. Altares avait recensé 18 986 procédures au premier trimestre 2026 (+6,4 %) puis 17 486 au deuxième (+5,4 %). Le troisième trimestre, traditionnellement plus calme en raison de la trêve judiciaire estivale, affiche cette fois une évolution contenue autour de l’équilibre.

Le cabinet y voit sa meilleure performance trimestrielle depuis 2022. Thierry Millon, directeur des études d’Altares, tempère toutefois : « Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises. »

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72 000 défaillances sur douze mois : le stock reste historique #

L’accalmie ne doit pas masquer l’ampleur du cumul. Sur douze mois glissants, le total approche 72 000 organisations défaillantes, un niveau jamais recensé par Altares. Et septembre, pris isolément, a concentré environ 7 100 dossiers, un record pour ce mois.

Autrement dit, la vague ne reflue pas encore : elle cesse seulement de grossir. Pour les directions financières, l’enjeu reste le même qu’en début d’année, surveiller la solvabilité de ses clients et de ses fournisseurs stratégiques.

Les TPE paient toujours le prix fort #

Les structures de moins de trois salariés concentrent 10 960 procédures, en hausse de 2,9 %, soit près de 75 % des dossiers du trimestre. Leurs redressements judiciaires bondissent de 8,2 %.

Les jeunes entreprises restent également surexposées : 2 148 procédures pour les moins de trois ans (+2,7 %) et 4 046 pour les trois à cinq ans (+3 %). À elles deux, ces tranches d’âge représentent environ 42 % des jugements.

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Construction et industrie respirent, la restauration plonge #

La construction demeure le premier secteur en volume avec 3 452 dossiers, mais recule de 3,1 % sur un an. Le gros œuvre décroche même de 13,1 %, porté par le reflux des défaillances dans la maison individuelle (-18 %). L’industrie manufacturière hors agroalimentaire s’améliore nettement : 558 défaillances, en baisse de 11,8 %.

À l’inverse, la restauration s’enfonce avec 1 694 défaillances, en hausse de près de 10 %. La restauration rapide flambe à +15,8 % (764 dossiers), la restauration traditionnelle progresse de 6,3 % (880 dossiers) et les débits de boissons de 13,4 %. Le commerce alimentaire de proximité suit la même pente : +15,3 %.

Deux tiers de liquidations directes #

La nature des procédures en dit long sur l’état des trésoreries. Les liquidations judiciaires directes représentent 9 744 ouvertures, soit 66,5 % du total : deux entreprises sur trois arrivent au tribunal trop tard pour être redressées. Les redressements judiciaires progressent de 4,2 % (4 576 dossiers), les sauvegardes restent marginales (332).

Côté emploi, 50 510 postes sont menacés par ces procédures, contre 52 000 un an plus tôt. Quarante-huit entreprises d’au moins 100 salariés concentrent à elles seules près de 10 000 emplois en jeu.

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Des écarts régionaux marqués #

La carte reste contrastée. La Normandie (-11,9 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (-5,5 %) et la Nouvelle-Aquitaine (-5,3 %) tirent la tendance vers le bas. À l’opposé, les Pays de la Loire bondissent de 18,4 % (797 procédures), la Bretagne de 11,4 % et l’Île-de-France, premier gisement en volume avec 3 287 dossiers, progresse encore de 3,9 %.

Quel scénario pour la fin d’année ? #

Altares anticipe près de 19 000 défaillances supplémentaires possibles au quatrième trimestre, période habituellement chargée. Le budget 2027 en cours de discussion et le coût du financement pèseront sur la capacité des plus fragiles à passer l’hiver.

Pour les dirigeants, la consigne ne change pas : anticiper. Un passage en procédure amiable (mandat ad hoc, conciliation) avant la cessation des paiements offre des marges de manœuvre que la liquidation directe, aujourd’hui majoritaire, ne laisse plus.

Questions fréquentes #

Les défaillances baissent-elles vraiment ?

Le flux trimestriel se stabilise pour la première fois depuis 2022, mais le cumul sur douze mois approche 72 000 procédures, un sommet historique. On parle d’accalmie, pas de décrue.

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Quelles entreprises restent les plus exposées ?

Les TPE de moins de trois salariés (75 % des dossiers) et les entreprises de moins de cinq ans, ainsi que la restauration et le commerce alimentaire de proximité.

Où trouver l’étude complète ?

Altares publie chaque trimestre son étude détaillée, reprise notamment par TPE Actu et la presse sectorielle comme Batiweb pour le BTP.

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