Déclaration de non condamnation : ce que vous devez savoir pour garantir votre intégrité

Création d’entreprise · Formalités
La déclaration de non condamnation est une attestation sur l’honneur exigée à l’immatriculation de toute société et dans de nombreux secteurs réglementés. Voici ce qu’elle contient, comment la rédiger sans risque d’erreur, et les conséquences à connaître en cas d’omission.
En bref
La déclaration de non condamnation est une attestation sur l’honneur par laquelle le dirigeant certifie qu’aucune condamnation incompatible avec l’activité ne figure à son casier judiciaire. Elle se rédige sur papier libre, se dépose au greffe, à l’URSSAF ou à la Chambre des Métiers selon le statut, et conditionne l’immatriculation. Une fausse déclaration expose à des sanctions au titre de l’article L.123-5 du Code de commerce.
  • Qui : toute personne physique dirigeant ou gérant une société (SAS, EURL, SCI…) et certaines professions réglementées.
  • Où la déposer : greffe du Tribunal de commerce, URSSAF (micro-entrepreneurs) ou Chambre des Métiers et de l’Artisanat (artisans).
  • Contenu : identité complète, filiation, engagement sur l’honneur, date, lieu, signature manuscrite et mention de l’article L.123-5.
  • Risque : refus d’immatriculation en cas d’oubli ; sanctions pénales en cas de fausse déclaration.

Qu’est-ce qu’une Déclaration de Non Condamnation ? #

La déclaration de non condamnation se définit comme une attestation sur l’honneur, par laquelle toute personne physique se porte garante qu’aucune condamnation incompatible avec l’activité visée ne figure à son casier judiciaire. Ce document, sollicité lors de la création de sociétés ou dans certains secteurs réglementés, mentionne systématiquement les éléments suivants.

01

Identité complète

Nom, prénoms (nom de jeune fille le cas échéant), date et lieu de naissance, adresse.
02

Filiation

Nom et prénoms du père, nom de naissance et prénoms de la mère.
03

Formule déclarative

L’engagement sur l’honneur de n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation ou interdiction légale de gestion.
04

Date, lieu, signature

La date, le lieu et la signature manuscrite du déclarant.
05

Référence légale

La mention explicite de l’article L.123-5 du Code de commerce relatif aux risques de fausse déclaration.

Les situations concernées par cette exigence ne laissent place à aucune omission : une banqueroute frauduleuse (cas évoqué à Marseille en 2022 impliquant un ex-dirigeant de startup), une interdiction de gérer émise par le Tribunal de commerce de Paris, ou un abus de biens sociaux relèvent du champ d’application direct. L’ensemble des condamnations pénales, civiles ou administratives nuisant à la probité sont donc à déclarer, sous peine de poursuites et de blocage des démarches.

Les Avantages de la Déclaration pour les Entrepreneurs #

Loin d’être un simple formalisme, la déclaration de non condamnation détermine l’éligibilité à la direction d’une entité et peut conditionner l’ouverture de certaines portes dans l’écosystème entrepreneurial.

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  • Comptes professionnels : depuis 2019, près de 81 % des établissements bancaires français, tels que Société Générale et BNP Paribas, peuvent exiger l’attestation pour ouvrir un compte professionnel.
  • Grands comptes et administrations publiques (Ville de Lyon, Ministère des Armées, etc.) : ils la réclament fréquemment avant tout contrat d’externalisation ou marché public.
  • Aides et incubateurs : la déclaration peut conditionner l’accès à des aides comme le prêt d’honneur de Bpifrance ou l’adhésion à un incubateur (cas du Station F à Paris, 2023).

Dès l’immatriculation auprès du Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) ou de l’URSSAF, une absence, un oubli ou une erreur dans ce document peut mener à un refus de création. Certains réseaux de franchises comme La Mie Câline ou Midas France demandent cette déclaration à chaque renouvellement de mandat de leurs franchisés. Les occasions de produire ce document se multiplient ainsi tout au long de la vie de l’entreprise.

Comment Obtenir et Rédiger sa Déclaration de Non Condamnation ? #

L’obtention de l’attestation relève d’une démarche rapide, mais chaque inexactitude peut la rendre caduque. La méthode la plus fiable s’appuie sur les outils disponibles en 2025, conformes aux directives du Ministère de la Justice :

  • Rédaction sur papier libre à partir d’un modèle du Service Public ou via une simulation sur Infogreffe.
  • Saisie exhaustive des informations : identité complète, filiation, adresse postale valide, date et lieu de déclaration.
  • Ajout de la phrase « Je certifie sur l’honneur n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation m’interdisant de gérer, administrer ou diriger une personne morale ».
  • Signature manuscrite et mention de l’article du Code de commerce.

La déclaration se dépose généralement à l’URSSAF pour les micro-entrepreneurs, au greffe du Tribunal de commerce pour les sociétés classiques, ou à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) pour les artisans. Dans les professions réglementées (par exemple avocat inscrit au Barreau de Montpellier ou agent immobilier chez Century 21 France), elle doit être jointe au dossier déposé auprès de l’instance professionnelle. À noter : les délais de traitement oscillent entre 48 h et 10 jours ouvrés, selon la charge des greffes et des centres de formalités.

Bon à savoir La concordance exacte des prénoms et de la filiation est déterminante : un écart entre l’état civil et la déclaration figure parmi les causes de rejet les plus fréquentes. Vérifiez chaque champ avant le dépôt.

Refus et Blocages : Les Cas de Délivrance Échouée #

La majorité des refus interviennent après analyse du dossier ou croisement avec le casier judiciaire national automatisé. Les causes principales résident dans la dissimulation :

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  • Sanction pénale non déclarée : en février 2024, un entrepreneur basé à Lille a été radié après omission d’une condamnation pour fraude fiscale.
  • Interdiction de gérer prononcée par le Tribunal correctionnel de Nanterre.
  • Procédure judiciaire en cours inconnue du déclarant.

Selon le rapport Juridata 2023, environ 2500 refus annuels sont prononcés pour dissimulation d’infractions, soit une hausse de 17 % par rapport à 2021. Ces refus entraînent l’impossibilité de poursuivre la création d’entreprise, la perte des fonds engagés dans certains cas, et une notification automatique à la direction régionale des finances publiques en cas de fraude caractérisée.

Quelles Conséquences en Cas de Déclaration Négative ou Trompeuse ? #

Soumettre un document révélant une condamnation, même ancienne, peut générer de multiples répercussions sur la vie professionnelle du dirigeant ; mentir expose à des sanctions pénales.

  • Interdiction d’occuper toute fonction dirigeante dans une SAS, EURL ou SCI.
  • Inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire (consulté par les administrations et institutions financières).
  • Empêchement d’accès aux appels d’offres publics — un chef d’entreprise interdit de gestion à Toulouse en 2021 a vu son chiffre d’affaires reculer de 38 % sur deux exercices.
  • Poursuites pour fausse déclaration : peine maximale de cinquante mille euros d’amende et jusqu’à cinq ans de prison (article L.123-5 du Code de commerce).

Cette politique stricte, accrue depuis les affaires impliquant plusieurs start-up de la French Tech entre 2022 et 2024, vise à restaurer la confiance des investisseurs. On relève aussi l’interdiction de soumissionner à de nombreux marchés B2BLa Poste SA ou SNCF Réseau la demandent à nouveau à la moindre modification du conseil d’administration.

Attention Une fausse déclaration n’est pas une simple irrégularité administrative : l’article L.123-5 du Code de commerce prévoit jusqu’à cinquante mille euros d’amende et cinq ans de prison. En cas de doute sur une situation pénale, consultez un professionnel du droit avant de signer.

Comparatif avec Autres Documents Administratifs Clés #

Il s’avère utile de distinguer nettement la déclaration de non condamnation des autres pièces fréquemment demandées lors de démarches entrepreneuriales en France hexagonale.

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DocumentDélivré parCe qu’il atteste
Déclaration de non condamnationLe déclarant (sur l’honneur)La probité judiciaire du dirigeant
Extrait KbisGreffe du Tribunal de commerceL’existence légale de la société
Bulletin n°3 du casier judiciaireCasier judiciaire nationalLe relevé des antécédents pénaux (exigé parfois par banques étrangères ou administrations hors UE)
Attestation de filiationSelon le secteurUtile dans certains secteurs réglementés ou pour les fonds Bpifrance

Alors que le Kbis atteste de l’immatriculation, seule la déclaration sur l’honneur garantit la probité du dirigeant sur le plan judiciaire. À titre illustratif, la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM) refuse toute inscription en l’absence d’une déclaration de non condamnation spécifique, quel que soit l’extrait de casier judiciaire fourni. Pour les professions libérales, la tendance va vers une augmentation des contrôles croisés (déclaration, casier, filiation) depuis le RDV National des Métiers du Droit 2023 à Bordeaux.

Conseils d’Experts et Bonnes Pratiques #

De nombreux entrepreneurs négligent certains points-clés lors de la rédaction ou de la conservation de la déclaration de non condamnation. Il est recommandé de sécuriser chaque étape par des processus clairs, éprouvés par des dirigeants expérimentés en 2024 :

  • Relire les deux versions : originale (papier ou PDF signé) et copie scannée.
  • Vérifier soigneusement la concordance exacte des prénoms (erreur courante relevée par le greffe de Paris sur 6 % des dossiers rejetés en 2023).
  • Préciser systématiquement la filiation complète (tout oubli peut entraîner un refus de l’URSSAF).
  • Conserver la mention de la sanction pénale encourue en cas de déclaration frauduleuse.
  • Garder la déclaration datée, signée et accessible en vue d’un contrôle des services fiscaux ou de la Banque de France.
  • Recourir, en cas de doute, à l’avis d’un avocat spécialisé en droit des sociétés ou au guichet unique du CCI France.

Il est aussi conseillé d’utiliser un gestionnaire documentaire sécurisé dès le début du processus de création d’entreprise. Un accès rapide à l’attestation scannée, datée et consultable à tout moment protège contre toute demande urgente émanant d’interlocuteurs tels que Crédit Mutuel ou un organisme de subvention régionale.

Conclusion : Synthèse et Perspectives Économiques #

La déclaration de non condamnation, dans le climat de vigilance généralisée instauré depuis 2023, s’impose comme un gage d’intégrité et un outil de sécurisation des écosystèmes d’affaires. À l’ère du KYC (Know Your Customer) systématique, omettre ou minorer les enjeux juridiques de cette déclaration peut compromettre durablement les chances de croissance, d’accès au crédit et de dialogue avec les institutions.

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S’entourer d’experts — juristes, avocats, notaires — reste la défense la plus solide pour déjouer tout blocage ou malentendu administratif. À l’échelle européenne, la France adopte une politique de contrôle renforcée, favorisant la confiance des investisseurs depuis la série de réformes engagées lors du Forum Entreprendre en Europe 2024 à Bruxelles.

À retenir
  • 1Anticipez chaque étape, contrôlez vos documents en amont et sécurisez votre parcours grâce aux conseils professionnels.
  • 2Le taux de rejets pour omissions ou incohérences a augmenté de 21 % en 2023, d’où l’importance de la rigueur documentaire.
  • 3Le respect total des obligations déclaratives protège votre projet, votre réputation et votre avenir professionnel.
  • 4En cas de doute sur une situation pénale, adressez-vous au greffe, au tribunal de commerce ou à un professionnel du droit avant de signer.

Ressources Pratiques et Outils #

Accompagnement

Keobiz

Expert-comptable spécialisé dans l’accompagnement à la création d’entreprise.
14 Rue Jules Vanzuppe, 94200 Ivry-sur-Seine, France
Tél : 01 76 35 04 04
www.keobiz.fr
Outils & modèles

Simulateur officiel

Générez votre déclaration de non condamnation via le simulateur de Service-public.fr.
Modèles Word/PDF gratuits chez Keobiz et L’Expert-comptable.
Communauté & experts

Chambre de Métiers — Paris

Ateliers d’aide aux démarches administratives.
72 Rue de Reuilly, 75592 Paris Cedex 12, France
Tél : 01 53 33 53 33
www.cma-paris.fr
Forums : Forum Auto-Entrepreneur · Forum L-Expert-comptable

Questions fréquentes #

Où déposer sa déclaration de non condamnation ?+
Elle se dépose au greffe du Tribunal de commerce pour les sociétés classiques, à l’URSSAF pour les micro-entrepreneurs, ou à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) pour les artisans. Dans les professions réglementées, elle est jointe au dossier déposé auprès de l’instance professionnelle.
Combien de temps prend le traitement ?+
Les délais de traitement oscillent entre 48 h et 10 jours ouvrés, selon la charge des greffes et des centres de formalités.
Que risque-t-on en cas de fausse déclaration ?+
Une fausse déclaration expose à des poursuites pour fausse déclaration, avec une peine maximale de cinquante mille euros d’amende et jusqu’à cinq ans de prison, au titre de l’article L.123-5 du Code de commerce. Elle peut aussi entraîner l’interdiction d’occuper une fonction dirigeante.
Quelle différence avec un extrait Kbis ?+
Le Kbis, délivré par le greffe, atteste de l’existence légale et de l’immatriculation de la société. La déclaration de non condamnation, elle, est une attestation sur l’honneur qui garantit la probité judiciaire du dirigeant. Les deux sont complémentaires, pas interchangeables.
Comment éviter un refus pour erreur de saisie ?+
Vérifiez la concordance exacte des prénoms et la filiation complète : ce sont les causes de rejet les plus fréquentes (le greffe de Paris a relevé 6 % de dossiers rejetés en 2023 pour ce motif). Relisez l’original et la copie scannée avant le dépôt.
Précaution Cet article est informatif et général. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit ni les indications officielles des organismes compétents. Pour toute situation particulière — notamment en présence d’une condamnation, d’une procédure en cours ou d’un doute sur l’incompatibilité avec votre activité — rapprochez-vous du greffe du Tribunal de commerce, de l’organisme d’immatriculation concerné ou d’un avocat spécialisé en droit des sociétés.

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